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Maison intergénérationnelle: pour le meilleur… et le meilleur?

08 jan. 2020

Maison intergénérationnelle: pour le meilleur… et le meilleur?

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Richard Beaudry a vécu dans une vaste propriété de Blainville avec sa fille, son gendre Jean-Luc Ouellet et ses petits-enfants.

Habiter une maison intergénérationnelle, c’est avoir la chance de tisser des liens privilégiés avec les membres de sa famille. Mais pour que l’expérience se passe bien, il est essentiel de mettre les choses au clair dès le départ. Comme dans toute transaction immobilière

YVON LAPRADE
COLLABORATION SPÉCIALE

Faire le choix de cohabiter dans une maison intergénérationnelle vient avec des obligations, et ceux qui ont tenté l’expérience reconnaissent qu’il est essentiel de s’entendre, avant toute chose, sur les conditions du partenariat afin d’éviter des dérapages.

« Dans mon cas, raconte Richard Beaudry, c’est la plus belle chose qui me soit arrivée. J’ai vécu de très belles années en compagnie de ma fille, de mon gendre et de mes petits-enfants. »

Cette belle aventure a débuté il y a 12 ans lorsqu’il s’est fait proposer par sa fille Isabelle et son gendre Jean-Luc un « partenariat immobilier » qui allait leur permettre de vivre côte à côte dans une vaste propriété de Blainville.

« Ma fille et moi avons toujours eu une complicité très serrée, et je m’entendais bien avec mon gendre, raconte l’octogénaire. J’ai tout de suite accepté ! »

C’est ainsi qu’a pris forme le projet de maison intergénérationnelle.

« On avait tout de suite établi les bases de l’entente. Chacun devait respecter l’intimité de l’autre et, personnellement, je ne voulais pas être envahissant ! »

— Richard Beaudry

Pendant toutes ces années, il a habité dans sa maison à lui, avec sa propre porte d’entrée, et a pu côtoyer au quotidien sa fille, son gendre, son petit-fils, sa petite-fille… en cognant à leur porte !

« Mes petits-enfants, ce sont mes rayons de soleil », souligne le grand-père avec émotion.

Une autre destination

La maison de la rue des Roseaux est à vendre. « Ça va me donner un choc quand tout sera terminé », concède Richard Beaudry, qui aura bientôt 82 ans.

> Consultez la fiche de la propriété

C’est avec un pincement au cœur qu’il a pris la décision de retourner vivre à Ahuntsic, le quartier où il a grandi. « Je veux réduire mes déplacements en automobile et, en ville, j’utiliserai davantage les transports en commun », explique-t-il.

Il s’empresse d’ajouter, avec un filet de nostalgie dans la voix : « Ça va tout de même me manquer de ne pas voir mes petits-enfants, qui sont aujourd’hui de beaux grands adolescents, tous les jours. »

À Ahuntsic, où il possède des immeubles locatifs, il a déjà prévu des espaces pour ses ados « quand ils viendront visiter leur grand-père ! », dit-il en riant.

Une fois la maison vendue, sa fille et son gendre envisagent quant à eux de s’acheter une nouvelle propriété, toujours à Blainville, où ils se sont enracinés.

Mais il leur faudra trouver un acheteur prêt à payer 1,2 million pour cette maison à étages de 16 pièces – en réalité, il s’agit de deux maisons complètes côte à côte.

« Nous sommes conscients que la clientèle cible est relativement limitée. Ceux qui vont acheter voudront sans doute loger leurs parents. »

— Jean-Luc Ouellet

Il vient de confier un nouveau mandat de vente au courtier immobilier Mario Hébert, chez Remax. « On va prendre le temps qu’il faut pour trouver le bon acheteur, il n’y a pas d’urgence, et on se plaît dans cette grande maison », tient-il à préciser.

Deux sœurs, un projet commun !

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Les sœurs Annie et Sonia Campoli sont copropriétaires d’une maison intergénérationnelle dans le quartier Auteuil, à Laval

Les sœurs Annie et Sonia Campoli, âgées respectivement de 39 et 41 ans, sont copropriétaires depuis trois ans d’une maison intergénérationnelle, qu’elles ont fait elles-mêmes construire dans un secteur agricole du quartier Auteuil, à Laval.

« On a toujours été proches, et ça n’a pas été difficile de prendre cette décision d’habiter sous le même toit, fait valoir Annie. De toute manière, on n’en était pas à notre première expérience de cohabitation. On a déjà été propriétaires d’une maison jumelée. On a une excellente relation. »

La propriété est sur le marché de la revente depuis quelques semaines à peine…

> Consultez la fiche de la propriété

« C’est moi qui ai pris cette décision, dit Annie. J’ai des projets de vie familiale qui font en sorte que je dois m’installer au centre-ville de Montréal. On va devoir passer à une autre étape. Mais il n’est pas dit que je n’aurai pas un autre projet avec ma sœur ! Vous comprendrez qu’on est des filles de projets. Jusqu’à présent, on a ensemble six ou sept maisons à notre actif. »

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

La maison intergénérationnelle d’Annie et Sonia Campoli

Tout comme Richard Beaudry à Blainville, les sœurs Campoli devront trouver un acheteur prêt à payer le prix [1,2 million]  pour habiter une telle propriété avec le projet de vivre en famille, tout en partageant les coûts fixes et les frais d’entretien, concède Annie. « Mais on n’a aucune inquiétude : il y a une demande pour des maisons haut de gamme, de grande taille, qui permettent la cohabitation. »

Elle ajoute néanmoins : « On ne vend pas une maison intergénérationnelle comme on vend une maison unifamiliale. Il faut rejoindre la clientèle et mettre en valeur ses nombreux avantages. Et ça prend un courtier [les deux sœurs viennent de confier un mandat à la courtière immobilière Nancy Forlini, également chez Remax] qui a l’expérience requise pour évoluer dans ce marché spécialisé. »

« Acheter une maison générationnelle, ou s’en faire construire une sur mesure, ça comporte des obligations et des responsabilités. Ça prend un contrat notarié, comme un couple marié ! Ma sœur et moi, on s’est blindées dès le début en cas d’imprévus. De cette manière, tout est clair, et on évite les ambiguïtés. »

— Annie Campoli

Sur cette question touchant les obligations et les responsabilités, Annie Campoli insiste : « Il faut vraiment tout prévoir. Dans notre cas, si l’une d’entre nous avait voulu conserver la maison, elle aurait eu l’option de racheter sa part à la valeur marchande. »

En attendant de trouver un acheteur sur mesure, la maman d’Annie et de Sonia pourra continuer de profiter de l’hospitalité de ses filles.

« Parce que c’est une maison ultra-familiale ; c’est ici qu’on fait la fête, on a une grande salle familiale pour respecter nos origines italiennes et une cave à vin », conclut Annie.

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