Acheter ou non? Il s’agit peut-être d’une décision difficile à prendre pour un premier acheteur, tous âges confondus, spécialement en ces temps incertains.
Narcity s’est entretenu sur la chose avec Charles Brant, directeur du service de l’Analyse du marché de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).
La COVID-19 a-t-elle eu un impact positif sur le marché immobilier?
En fait, oui, affirme d’emblée M. Brant, ajoutant que la crise sanitaire a remis l’immobilier « au-devant de la scène », grâce, entre autres, à un taux d'intérêt moindre frôlant les 2 %.
« Les gens se sont rendu compte que l’immobilier était un bien nécessaire, un lieu de travail et éventuellement un lieu de loisir », précise-t-il.
Malgré la pandémie, l’immobilier est resté populaire, spécialement à l’extérieur des zones « extrêmement chères »
comme Montréal.
« Il y a eu pas mal de gens qui se sont dit “on reste locataire ou on devient propriétaire” », lance l’analyste.
En périphérie de la métropole, on observe de « très fortes progressions », dont la Rive-Nord (+52 %) et Laval (+38 %) et la Rive-Sud (+31 %), selon les plus récentes données de
l’APCIQ.
As-tu ce qu'il faut pour acheter une première maison?
N’est pas un premier acheteur qui veut, comme dirait tout bon sage.
Charles Brant ne s’en cache pas, acquérir une propriété n’est « pas facile » et ce n’est pas « à la portée de toutes les bourses ».
« Dans un contexte où les banques sont davantage frileuses à prêter de l’argent au cours des prochains mois, dit-il, il faudra un dossier de crédit assez solide pour acheter une propriété. »
De plus, pour avoir toutes les chances de son côté lors d’un premier achat, le directeur martèle qu’il faut « être irréprochable financièrement » et être rationnel.
Quant aux personnes qui pourraient réagir sur le coup des émotions, Charles Brant conseille de penser aux conséquences que ça peut avoir.
Est-ce le bon moment pour acheter une première maison?
Bien que la COVID-19 ait eu un impact positif sur le marché immobilier et que les taux d’intérêt sont à 2 % à certains endroits, des défis financiers s’imposent.
« Les gens ont pu dégager de l’épargne durant la pandémie. Ils n’ont pas dépensé », précise M. Brant.
En revanche, les gens doivent vraiment aller vers des
propriétés plus chères pour pouvoir s’acheter une maison, ce qui crée plus d’endettement.
La fin des reports hypothécaire fera en sorte que plusieurs propriétés retourneront sur le marché, avance l’analyste.
« L’économie ne va pas si bien et il y a pas mal de gens qui étaient sous “respirateur artificiel” qui devront vendre leur propriété. »
Toutefois, d’après M. Brant, 2021 sera « peut-être » une bonne année pour acheter une copropriété, qui offrira « des opportunités » aux premiers acheteurs sur l’ile de Montréal.